Des remaniements de rebelles et l’avance de l’M23 augmentent les tensions aux Kivus

L’article suivant est désormais une traduction de l’article publié le 25 juillet 2012 sur ce blog afin de répondre aux demandes les lecteurs francophones à ce sujet. La traduction est basée sur un programme de traduction qui était corrigée en suite à cause d’un manque de temps à faire une traduction manuelle. À cause de cela, je m’excuse pour toute faute qui est possiblement restée dans le texte.

Beaucoup de développements ont eu lieu sur le terrain dans les provinces du Kivu au Congo au cours des deux dernières semaines. Ci-après, quelques-uns des plus frappants ainsi que quelques évolutions moins visibles sont discutés. Sur le plan politique, le retrait de l’aide militaire américaine pour le Rwanda à la suite de l’additif du rapport intérimaire du Groupe d’Experts des Nations Unies. Ses allégations, si débattues (comme discuté ici) ont très certainement joué un rôle dans cette décision. Après cela, les responsables américains sont venus jusqu’à menacer Kagame avec la poursuite par la CPI (nonobstant le fait que les États-Unis n’ont pas signés le Statut de Rome). Le Président rwandais, à son tour, a été étonnamment active en donnant des interviews aux médias internationaux où il invariablement cassé en morceaux toute question critique. Sur le plan régional, les capitales voisines sont devenues plus calme à nouveau et la création d’une force neutre multinationale pour lutter contre les FDLR et M23, tout en sécurisant les frontières RDC et le Rwanda, est encore loin d’être concrétisée. Au cours de leur réunion extraordinaire aux marges d’un sommet de l’UA à Addis-Abeba, les ministres des Affaires étrangères et (quelques jours plus tard), les chefs d’Etat de la Conférence internationale sur la Région des Grands Lacs (CIRGL) se sont mis d’accord sur des mesures afin de maintenir (ou rétablir) le contrôle étatique sur les champs de bataille des Kivus. Compte tenu du fait que la CIRGL pour la première fois essaye de mandaté une telle force, il est douteux si celle-ci 1) sera mise en place du tout, 2) deviendra opérationnel assez tôt à jouer un rôle, et 3) sera constituée de troupes de la CIRGL, l’UA, l’ONU ou un mélange de ceux-ci. Les décisions sur ces questions devront être prises au cours d’un autre sommet extraordinaire de chefs d’Etat préparé actuellement à Khartoum par les ministres de la défense de la CIRGL (y compris un des accusés principaux, le général James Kabarebe du Rwanda) au début du mois Août à Kampala.

Pendant ce temps, au Nord-Kivu, les combats entre FARDC et M23 ont repris fin Juillet (après deux semaines relativement calmes). Le M23 a commencé une tentative d’attaque sur Rutshuru et de reprendre les localités environnantes (Kiwanja, Kibumba, Rugari, Rumangabo, etc.). Ces mouvements ont, peu de temps après, été rectifiés par l’accusation envers les FARDC de violer une «zone tampon» qui était censée avoir existé autour de Rutshuru. La réponse du gouvernement de l’armée était féroce et rapide, mais en dépit du soutien hélicoptère de combat par les troupes MONUSCO, le M23 a finalement réussi à prendre plusieurs villages en plus. Tout au long de quelques jours d’affrontements armés, l’FARDC était initialement capable de maintenir une bonne position contre l’armée des mutins, mais plus tard a perdu du terrain, prétendument en raison de l’approvisionnement des troupes au cotés du M23. Ce dernier a recruté un grand nombre de nouveaux combattants au cours de la «trêve» et pourrait également avoir reçu l’approvisionnement en matières et personnel supplémentaire (plus sur cela plus tard). Enfin, Kiwanja, Rutshuru et d’autres localités sont passés sous le contrôle du M23.

Tout ce qui indique que M23 a soit renforcé ses rangs ou changé sa stratégie. Le premier est plus probable, compte tenu qu’ils ont jusque là été retenus par un manque en nombre (alors que la formation et l’équipage avaient été suffisants dès le début). La question est donc: D’où sont ces renforcements de troupes sont-eux venues? Pour répondre à cette question – ce qui se peut, en tout cas, faire seulement de façon provisoire à ce moment – il serait trop simpliste, cependant, de retomber à des rumeurs classiques sur l’armée rwandaise RDF. Bien qu’il ne peut pas être exclue à 100% qu’un camouflage d’unités RDF peut prendre part dans certains manœuvres, il ya beaucoup plus de mouvements derière les coulisses: Il ya un mois, un autre article éstimait une «nouvelle» coalition combinée de milices pourrait naitre dans le Sud-Kivu (Kalehe, Mwenga, Shabunda). Pour le moment, il semble que ce n’est pas devenu réalité. Au Sud-Kivu, les Raia Mutomboki, une milice assez peux centralisée, constitue un front, mais à part quelques attaques dans le Nord-Kivu (territoire de Walikale et à Ngungu), leurs activités sont concentrés sur un niveau local. Leur structure de coordination a évoluée un peu lors qu’un certain colonel Delphin (ex-Maï Maï Kifuafua) est devenu sorte de porte-parole, mais ceci est valable probablement que pour quelques segments parmi la structure. Il ya quelques semaines, ceux-ci étaient également dit de se déplacer vers le haut pour rejoindre M23 dans une autre “alliance contre-anture” négociée via FDC-Guides ou encore le colonel Albert Kahasha (cette demande a été contrée par des rumeurs disant que les groupes Raia voulaient attaquer M23). D’autres efforts déployés par Kahasha (UPCP) et le général Kakule Sikula (Maï Maï Lafontaine) visant à réunir des groupes Maï Maï, des franchises Raia et les accrocher au M23 ont été rapportées par des sources. Entre temps, ces deux militaires ont plus ou moins officiellement rejoint le M23.

Environ un mois avant, la stratégie doit avoir été changée. Kahasha et Lafontaine ont quitté le Sud-Kivu et sont allés vers le nord jusqu’à Lubero. De Lubero, Kahasha, Lafontaine et leurs hommes ont établi des contacts plus étroits avec le M23 et ont commencé à faire adhérer leurs hommes à des formations militaires de ce dernier – et peut-être même – participer dans les combats contre les FARDC. Au-delà de certains groupes dissidents qui ont adhéré au M23 et le groupement de Kahasha avant, les FDLR semblent d’être plutôt inactif dans le jeu entier. L’NDC de Sheka Ntaberi est concentré dans et autour de Walikale où il continue d’exploiter les minerais tout en répondant aux agressions Raia et maintenant des liens étroits avec le général mutin Bosco Ntaganda, qui est retourné à Masisi, après des disputes avec Sultani Makenga (ou même Laurent Nkunda?) au sein du M23. Il a apporté sa milice personnelle et ils se sont installés le long de sa ferme là-bas, selon des sources. Incertain est l’état actuel en ce qui concerne les acteurs suivants: FDC-guides (apparemment disputes internes due à l’alignement caché de ses commandants au M23), les Maï Maï Nyatura (impliqués dans des combats à Kalehe?), les Maï Maï Yakutumba et les FNL (probablement loin des lieux de conflit majeurs pour le moment), et UCDD de Chiribanya. COGAI, la coalition des groupes armés dans l’Ituri nouvellement émergée, ainsi que sa composante majeure FPRI de Banaloki Cobra Matata, sont dus à leur proximité, plus susceptibles d’être impliqués, mais de l’information solide est manquante à ce niveau.

Enfin, quels sont les objectifs cachés de ces remaniements de rebelles? En particulier, le M23 s’engage à augmenter la pression pour entamer des négociations à la suite de ses gains militaires. La notion de «tukate nchi” (“coupons le pays” en Swahili) a bien pas complètement disparu et il semble que, dans certains branches du M23 ce narratif persiste. Mais qu’est-ce que Kahasha et Lafontaine voulent? Alors que pour Lafontaine, c’est difficile à dire et pourrait être liée principalement à son opportunisme, Kahasha a clairement déjà mentionné le mécontentement avec le Président Kabila comme raison pour sa défection des FARDC. Il a en outre souligné que les principaux objectifs seraient la protection plus efficace des civils (ce qui soulève des questions pourquoi il est allé jusqu’à Lubero au lieu de rester dans son fief) et un changement de régime possible (pas de sécession!). Pourtant, il ne peut pas être absolument exclu que l’opportunisme joue un rôle dans ses motivations aussi. Pour les Raia Mutomboki, la vengeance contre les FDLR, la haine contre les populations rwandophones (dans de nombreux cas, au moins) et d’auto-défense semblent réprésenter les motivations principales. Les FARDC, selon les informations officielles, bien renforcés par des forces spéciales déployées à partir de zones de combat contre la LRA et le soutien de la MONUSCO, pourraient aussi révéler des certaines surprise liées au personnel comme pas tous les commandants de l’ex-CNDP ont fait défection envers le M23 et certains parmi eux pourront perdre la motivation si leur avantage en nombre n’est pas rapidement matérialisé sur le champ de bataille. Pour résumer on peut estimer que, après une période de détente et de réorganisation, les prochaines semaines pourraient apporter une augmentation de tensions et d’action militaire. En ce qui concerne les questions mentionnées ci-dessus tous les dans cet article, l’accent final doit être mis sur ceux qui n’ont pas été pu mentionnées en raison d’un manque de connaissance et de l’impossibilité absolue de donner un compte rendu complet en temps réel des Kivus. À suivre…

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