Interview: À quoi faut-il s’attendre de la “Brigade d’Intervention”?

In the following interview, Josaphat Musamba, a Congolese analyst and lecturer, replies to a couple of burning questions in regards to MONUSCO’s force intervention brigade which is in the process of deploying, having the task of “neutralising” armed groups in eastern DRC.

Pensez vous que la brigade va répondre aux exigences du mandat offensif ?

La brigade et ses composantes pourraient répondre aux demandes du mandat offensif à partir du moment où toutes les batteries seront mis en place s’il s’agit d’en venir à la question du M23 mais pour les autres forces comme les LRA, les FDLR et les nébuleuses Mai-Mai. Je suis sceptique, pas très optimiste. Il faut le voir que ce soit au Nord-Kivu comme au Sud-Kivu. D’ailleurs au Sud-Kivu ce sera très compliqué étant donné la localisation des groupes armés les plus visés comme les FDLR.

Quels sont les chances de la brigade ?

En effet il est à signaler que les chances pour en venir aux groupes armés pour la brigade et ses composantes sont très minimes et les perspectives ne sont pas rassurantes. D’abord sur le plan du nombre quand bien même elle sera appuyée par la MONUSCO les quelques 3000 militaires pourraient-ils mener des opérations dans les deux provinces et pendant combien de temps ?

Est-ce que la brigade sera en mesure de s’engager sur plusieurs fronts ?

Quel est le concept stratégique de la Brigade ? Évidement on n’est pas obligé de le connaitre mais je pense que dans une guerre il faut bien adopter une stratégie rationnelle pour en venir aux groupes armés notamment les FDLR, la LRA et/ou le M23. Le cas le plus récent c’est celui de la traque des groupes armés étrangers notamment les FDLR qui étaient organisée par les FARDC et les RDF (Rwandan Defence Forces) en 2009 dans le cadre des opérations Umoja Wetu, Kimia I et Kimia II. Je suis convaincu que ces opérations ont eu pour mérite d’avoir éloigné la menace que présentaient ces groupes pour le Rwanda mais on n’avait pas fini la question des FDLR car la stratégie de combat était biaisée dès le départ. On les avait pressés à l’intérieur du territoire (dans l’hinterland congolais) que de les contraindre à la reddition et les serrer en étau. Comment cette brigade va-t-elle contraindre les FDLR qui sont dans les Hauts plateaux de Fizi, vers Mwenga à Kigogo et pour le Sud-Kivu et les FNL ? La même question on peut se la poser comment la brigade le ferait aussi pour le Nord-Kivu ? Cette brigade ne pourrait qu’être efficace au Nord-Kivu à partir du moment où elle va combiner la stratégie liée à la combinaison des opérations militaires sur le plan de l’armée de l’air, terrestre et utiliser la stratégie contre les guérillas. La brigade devra éviter les opérations du genre « plongeon du faucon ou griffes d’acier » organisées par les contingents de la MONUC vers Kanyola dans le territoire de Walungu vers les années 2006-2007.

Donc, est-ce que ils pourront remplir leur tâche ?

En conclusion je ne suis pas convaincu que cette brigade pourrait répondre totalement aux demandes du mandat offensif et d’en finir avec les groupes armés dans le Nord et le Sud-Kivu mais cette brigade pourrait imposer la paix contre les M23, on ne peut pas aussi oublier la logique du relief et la géographie du milieu surtout dans la conquête.

À votre avis, quelle est le plus grand risque de déployer cette force offensive de l’ONU ?

Le plus grand risque pour le déploiement seront les conséquences humanitaires, les affrontements armés entre la brigade et les forces dites « rwandophones » mais aussi les luttes interethniques dans le Nord-Kivu. Enfin un autre risque c’est celui de la guerre généralisée dans le Nord et le Sud-Kivu.

Quelles seront les conséquences humanitaires ?

Sur le plan de conséquences humanitaires je suis convaincu que la guerre ne pourra qu’avoir les effets collatéraux. Parmi les conséquences humanitaires nous citons d’abord le déplacement des populations à la suite des combats, l’arrêt de l’école pour les enfants. Le cas des opérations Kimia II et Kimia I on l’avait vu comment des gens sont venus à Bukavu fouillant Mwenga, Shabunda et qui manquaient de l’eau, des habilles, de la nourriture, tout en choppant des maladies contagieuses. On ne semble pas percevoir les dispositions quant à ce. Il faut noter que cette solution devrait être repensée.

Aksanti sana.

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